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Mardi 13 février 2007

Bon, je préviens, je vais choquer. Alors avant d’aller plus loin, réfléchissez bien, et ne venez pas vous plaindre ensuite. D’abord (j’en aurai pris des précautions pour vous épargner), je ne vais pas traiter d’un sujet habituel dans ce blog, je vais faire ce que je m’interdis habituellement, à savoir marcher des deux pieds dans la polémique.

Quelle mouche l’a piquée, la Hastoy ?

Elle a juste appris aujourd’hui que « Alain Ducasse se retire d’Ostape ». Non, je vous rassure, je ne suis jamais allée manger à Ostape et je ne pleure pas sur les 4 étoiles en moins à Bidarray. Simplement, je suis tombée sur cet encart de la presse nationale, qui commente « la décision du cuisinier, qui n’a pas réussi à se faire accepter dans la commune…gna gna gna… l’auberge avait été la cible de trois attentats ». Ok, ce n’est pas mon sujet, on est d’accords. Jean Chalvidant, le spécialiste du thème sur www.chalvidant.info commentera tout cela bien mieux que moi. En méticuleux, il va nous décrypter, analyser, et disséquer tout ça brillamment, avec l’objectivité de ceux qui ne sont pas « charnellement » impliqués, et ont toujours une vision plus légitime de fait. Moi aujourd’hui, je réagis avec mes tripes de Basque, ce sang qui revient palpiter violemment à mes tempes, pour me titiller le neurone. Et je vais vous surprendre, mais c’est bien aux Basques que je vais m’en prendre. Car c’est à eux que j’en veux. Pas spécialement en raison de la décision de Ducasse qui, ma foi, s’en sortira parfaitement sans leur bénédiction, et n’a pas attendu d’être installé à Bidarray pour faire ou parfaire sa renommée. Mais de façon générale, le petit vice chauvin du pays est étrange, et peu agréable à subir. C’est quoi cette manie de mal traiter les « siens » ? Que l’on m’explique, bon sang. Il y a le rejet épidermique envers certains chanteurs qui ont fait ceci ou cela, et qui n’ont plus correspondu à l’attente générale (je ne parlerais pas du scandale provoqué par les « rockeurs » de Sustraia, quand ils avaient écrits leurs premières chansons en français et s’étaient vus censurés par LEUR public), le refus d’acheter des produits « locaux » labellisés dès qu’ils ont osé s’exporter dans la « capitale ». Et je ne vous parle pas de la façon dont sont considérés les « écrivains », parce que là, ça dépasse tellement l’entendement que je m’y énerverai obligatoirement. Aujourd’hui Ducasse, mais des exemples, j’en aurais des dizaines à vous rapporter, mais on va encore me vilipender, et pourquoi pas me coller un procès.

C’est ça être Basque ?

En cette veille de Saint-Valentin, permettez-moi de rapporter ce sentiment à la fête des amoureux. Ne devrait-on pas apprendre à s’aimer un peu mieux ? A ouvrir la porte au lieu de fermer son cœur ? Le premier racisme est là, dans cette intolérance systématique et pardon, mais dictée par la bêtise avant tout. En ce qui me concerne, je le dis souvent : j’ai horreur d’avoir honte. En arrivant au Mexique, j’ai eu des réminiscences de la honte éprouvée quand, adolescente, l’on m’avait enseigné les ravages des conquistadors. Cela m’avait à l’époque rendue malade. Quelques années plus tard, je lisais « Le pull-over rouge » et l’affaire Ranucci m’empêchait de dormir pendant trois nuits, rongée de honte, à l’idée de faire partie de cette « populace » qui réclame des exécutions. En écrivant le « chêne de Guernica », j’étais malade de déshonneur devant nos silences persistants ; en rédigeant « les sorcières de Zugarramurdi », la honte m’emplissait comme un mauvais venin, pernicieuse. Mon éditeur de l’époque me disait : « Gracianne, vous ne pouvez pas tout réhabiliter ». Oui, mais voilà, je déteste avoir honte. Et là, ce soir, une fois de plus, j’ai un peu honte des miens. Pas trop, mais un peu, et c’est déjà trop. Et je vous jure que je n’aime pas ça du tout. Un peu d’intelligence et de discernement ne nuiraient pas. S’il vous plaît… Et si je vous dis cela, c’est parce que je vous aime vraiment beaucoup.

Par Gracianne Hastoy - Publié dans : graciannehastoy
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Dimanche 11 février 2007

Je serais passée à côté ce soir, si mon éditeur (Atlantica) ne m’avait pas téléphoné pour me dire : « vite, branchez Arte, il y a un reportage sur Frida Kahlo ». Ah, le saint homme ! C’est donc avec délice que j’ai replongé dans les bonheurs de la maison bleue de Coyoacan. Mais les analyses artistiques m’ont sidérée. Comment peut-on se permettre tant d’approximations et de délires, chantés à haute-voix ? Je suis heureuse d’avoir pu remettre les choses à jour dans mon article pour la revue parisienne, parce qu’un tel tissu d’âneries me laisse sans voix. Déjà, il faut user de beaucoup de prudence, selon moi, pour analyser la peinture d’un artiste. C’est un peu comme prétendre que l’on entre dans son cerveau au moment où il peint.

Mais surtout quand il s’agit d’une personnalité aussi complexe et troublée que celle de Frida Kahlo enfin, dont on sait qu’elle a sciemment brouillé les pistes pour tromper les analystes. Et voici qu’ils sautent dedans à pieds joints. Ziouuuu. C’est absolument sidérant, d’autant que leurs pensées, suavement distillées à un public béat vont trouver preneur, voire repreneur et que l’on entendra bientôt comme un fait avéré que Frida pensait ceci ou cela. C’est le danger de l’art en général, quand on ne se contente plus de le recevoir sans commentaire, mais que l’on veut absolument y introduire les limites de sa propre incompréhension. On en revient toujours au même : il y a des choses auxquelles les cons ne devraient pas avoir accès. Et par cons, j’entends notamment tous ces êtres dont la sensibilité n’a pas été assez développée pour en faire des artistes à leur tour, et qui brimés, se vengent en analysant (mal, forcément) la créativité des autres. C’est horriblement prétentieux mais dans ces moments-là, je me dis qu’un jour, il faudra vraiment que je raconte ma vie, pour de vrai, avec ses zones d’ombres et de lumières, pour ne laisser aucun vide exploitable aux imbéciles patentés. Ce doit être terrible une « biographie non-approuvée », car si l’on autorise aux autres le soin de juger sa propre vie, c’est comme se jeter en pâture à des piranhas sauvages. Sans foi ni loi. Sans états d’âme, alors que l’artiste n’est que cela : un patchwork d’états d’âme. Mal assemblés. Ce n’est pas la première fois que je me fais ce type de remarque, et je vous avouerai que je n’aime pas trop penser à cela. Ca m’angoisse. Ca me renvoie à ce baccalauréat de Français où cette conne de prof me demandait, à propos de « l’invitation au voyage » de Baudelaire : « pourquoi dit-il « tous ces soleils » » ? Moi, déjà déroutée, et avec l’envie de lui répondre : « qu’est-ce que ça peut te foutre, connasse, tu le sais toi ce qu’il a voulu dire, c’est un poète, il dit ce qu’il veut ! »… Mais comme j’étais encore à l’époque une enfant bien éduquée, j’avais bredouillé quelque chose comme « pour renforcer l’effet de luminosité », et j’avais pris la plus mauvaise note de ma vie en Français : un misérable 13/20 qui annonçait déjà ma rancœur future envers les analystes de tout poil.

Par Gracianne Hastoy - Publié dans : graciannehastoy
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Samedi 10 février 2007

La semaine ayant vraiment été éprouvante, je me suis autorisée cet après-midi un peu de lecture-repos. Et j’ai démarré un livre en espagnol qui s’intitule : el ultimo elfe, ou le dernier elfe pour les nuls qui ne comprendraient que pouic. C’est écrit par une nana que je ne connais pas, Silvana de Mari. Allez pas me dire que c’est son vrai nom, je ne vous croirai pas. Mais peu importe. C’est vraiment marrant et bien écrit pour l’instant, parce qu’en fait, si l’elfe fait des bêtises plus grosses que lui, ce n’est pas par méchanceté basique mais bien parce que notre univers humain lui est totalement inconnu. Il ne comprend pas nos codes, et l’histoire vue par lui, permet de bien comprendre à quel point nous sommes finalement bizarres, vus de l’extérieur. Cela rejoint une émission que j’écoutais ce matin sur Europe 1, avec l’intervention d’un socio-anthropo-géo-logue (enfin, un truc du genre, qui fait s’incliner avec respect) qui expliquait que l’humain n’était jamais qu’un animal, mammifère, primipare, avec tout de même 98% de gènes en commun avec les grands singes. Ca calme, hein. Quant à la différence de races, elle faisait franchement marrer le spécialiste, qui expliquait que vu dans son ensemble, l’être humain est une race, point. Avec des nuances, c’est tout. Ainsi, les chiens sont bien de couleurs différentes, mais restent des chiens. Nous pareil. L’information que j’entends en revanche depuis pas mal de temps, c’est qu’à la longue, le corps des femmes va se modifier, en raison de ses ralentissements féconds, et que l’on pourrait assister (non, pas nous, on sera morts depuis des milliards d’années) à un changement qui les doterait d’un bassin plus étroit, mais aussi d’un unique sein central. Je n’arrive pas à y croire. J’avais utilisé cette idée dans une nouvelle « fantastique », mais vraiment je ne la pensais pas encore d’actualité. C’est effrayant, non ? Bof, remarquez, ça va juste relancer la fabrication de nouveaux soutifs. Le hic, si j’y pense, c’est les bretelles. On les met où ? Autour du cou ? Bof hein…Va falloir sérieusement y réfléchir. Ce que j’en dis. Je m’en fiche finalement, je nourrirai les vers de terre (ou les poissons de l'Infernuko Erreka où j'ai demandé que soient jetées mes cendres) depuis longtemps quand l’arrière-petit-petit fils de Jean-Paul Gaulthier se penchera sur le sujet. Je lui souhaite bien du plaisir.

Par Gracianne Hastoy - Publié dans : graciannehastoy
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Jeudi 8 février 2007

J’ai la désagréable impression de vivre vissée à mon ordinateur, au point que ce soir, aller au Supermarché a été ma sortie du jour. Dès le matin, mon téléphone sonne, et ça n’arrête pas jusqu’au soir, tard. J’ignorais qu’une sortie parisienne « VIP » réclamait autant d’énergie, ni que boucler une maquette était aussi usant. Dans tout cela cependant les satisfactions sont présentes, avec notamment des interviews géniaux. Voilà côté boulot, mais en fait, je me rends compte que je n’ai pas grand-chose d’autre à vous raconter, puisque justement, je le disais plus haut : je ne fais que ça ! Je m’étais dit que tout se calmerait cette fin de semaine avec le bouclage du numéro, mais les annonceurs se précipitent sur la nouvelle formule, et du coup, il a fallu augmenter le nombre de pages. Bref, si j’ai bien tout compris, ce sera stress absolu jusqu’en mars. Sinon, et comme la télé ronronne en fond sonore, je finis par regretter de m’être interdit dans ce blog de me prononcer sur la campagne électorale ou d’autres sujets, parce que des fois, les coups de gueule me chatouillent l’hémisphère droit. Mais décemment, je ne puis pas entrer là-dedans, parce que je crois que, plus que tout, j’ai horreur des gens qui, pour de sombres raisons, se croient investis de la transmission d’un message, sous prétexte qu’ils sont écoutés. Rien n’est pire que ces artistes « engagés » selon moi. Ils n’ont ni la classe ni le talent d’un Zola au temps de « l’affaire Dreyfus » et se posent en pourfendeurs de nobles causes dont on se fout royalement. Alors, même si je me suis promis de ne pas dévier de la sorte, permettez-moi de râler quand même sur deux choses. La première : haro sur les micro-trottoirs des journalistes de TF1 ou France2 qui haranguent le chaland pour lui demander ce qu’il pense de ceci ou cela ! Je m’en fous, si vous saviez ce que je m’en fous. Je n’ai pas attendu que ces crétins, incultes pour la plupart, illettrés souvent, me disent ce que je devais penser de tel ou tel point. C’est insupportable à la fin. Deuxième sujet d’énervement : les « people » qui soutiennent les candidats aux Présidentielles. Non, franchement, c’est du délire. De l’endormi là, comment s’appelle-t-il déjà, ah oui… Doc Gynéco soutient Sarko, et l’acteur Torreton démarre les allocutions de Ségo. Oh, réveillez-vous tous ! Gueulez, faites quelque chose. Nous sommes en plein dans les dérives américaines tant de fois condamnées. Ras-le-bol. Et vas-y qu’on nous balade, qu’on nous montre la bonne façon de penser. Ah, tous ces fumeurs repentants qui trouvent tout à fait normal d’aller sur le trottoir, au froid, fumer leurs cigarettes et qui s’épanchent devant les caméras, à promettre qu’ils vont arrêter comme ils iraient à confesse. Les caméras de télé sont devenues les nouveaux confessionnaux. C’était bien la peine de déserter les églises, pour en finir là. Il n’y a qu’un gars qui a osé, et dont le zapping a repassé le témoignage dimanche dernier. Que disait-il déjà ? Ah oui, je le cite : « Que voulez-vous que je vous dise ? On vit dans un pays de cons, voilà tout ». Le tout balancé avec la clope au bec. Il m’a fait du bien cet anonyme. Parce que, franchement, tout le reste, c’est bla-bla et compagnie, manipulation mentale, et autres vilenies. Té, vous voyez, je croyais que j’avais rien à vous raconter, mais finalement j’ai trouvé. Et sans mal…

Par Gracianne Hastoy - Publié dans : graciannehastoy
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Jeudi 8 février 2007

Comme je sais que vous adorez avoir des nouvelles des lutins, je vous offre cette petite photo de famille (toujours Nicolas le photographe !) où vous pouvez retrouver Apopo, Mendililia, et leur bébé (dont le nom reste secret, sinon à quoi ça sert que je me casse la tête à vous écrire des romans). En parlant du roman, puisque vous me harcelez tous avec, ma correctrice de soeur l'a relu, ça y'est et l'a adoré, même si - en même temps, c'est pour cela qu'elle est ma correctrice - elle a trouvé le moyen de repérer des fautes, alors que je croyais mon texte nickel. Arghhh. Donc, j'attends la relecture de Charline, l'autre correctrice, et ensuite j'envoie à mon éditeur. D'ores et déjà, les échos de Charline sont également très favorables. Re-ouf. On croise les doigts. Mais en attendant, voyez comme nous formons une jolie petite tribu, héhé.

PS : Oui, la photo là-haut, avec les cheveux raides, c'est moi. C'est le résultat d'une expérimentation audacieuse de coiffeur, mais ça n'a pas duré longtemps. Première bruine et c'était fini, ne vous affolez pas. Mais c'est si rare que ça valait le coup d'être immortalisé, m'enfin.

Par Gracianne Hastoy - Publié dans : graciannehastoy
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