Il y a plusieurs raisons à l’existence de ce blog. Au départ, il a été créé pour tous ces amis, ou lecteurs, qui avaient râlé quand j’avais quitté Tarbes et me demandaient des nouvelles, voulaient suivre mon parcours. Petit à petit, vous êtes nombreux, inconnus, à vous être inscrits, et à vous intéresser à ces inepties débitées chaque jour ou presque. Il y a un an et demi, je recevais ce premier mail d’une jeune lectrice : « bonjour, j’ai acheté le « chêne de Guernica » de passage à Saint-Jean-de-Luz et je voudrais vous dire que j’ai adoré ». Signé Virginie. Elle m’a avoué depuis qu’elle croyait que c’était une secrétaire qui lui répondrait, ce qui me fait beaucoup, beaucoup rire, avouons-le. Ciel, je rêveeeee d'avoir une secrétaire personnelle, ouhlalala ce que ça doit être bien...
Alors, ce soir, et cela dans le parfait déni de mes habitudes de sauvageonne, j’ai accepté de la rencontrer. J’en avais même très envie, en dehors de ce maudit planning surchargé qui m’empêche de profiter de mon temps comme je le voudrais. Elle voulait que je lui fasse visiter la grotte de Zugarramurdi, et je n’ai même pas pu en raison du travail, ce que je regrette, car du coup elle a manqué pleins de détails essentiels à mes yeux. Je vous arrête de suite, vous allez être des dizaines à me dire : « De quoi ? tu as accepté de la rencontrer, alors que tu refuses pour nous ? » Taratata. Quand, comme Virginie, vous aurez dévoré mes « œuvres complètes », et j’insiste, parce qu’elle a même téléchargé le « Signé Pyrénées-Atlantiques », nouvelle formule, et est capable de me citer des trucs que j’ai écrit dans ce blog il y a des semaines, ben là, ça s’appelle gagner une rencontre. Non mais ! Et puis, un immense merci, parce qu’elle m’a offert le bandana de Brassac, dans le Tarn (merci, Brassac !), et le CD de Rose. Je croyais ne pas connaître, mais aux premières notes, j’ai presque crié dans ma voiture : « Mais bon sang, bien sûr, j’aime beaucoup ». Donc merci Virginie.
Mais ça met vraiment la pression ce type de lecteurs, parce que vous vous dites qu’il ne faut rien manquer, et surtout ne jamais les décevoir. J’y pensais en rentrant. Elle m’a aussi parlé de « Mikel et Soledad », alors que hier, justement, j’ai reçu le mail suivant d’un lecteur. Comme chaque fois qu’on me parle de ce livre, je tremble un peu, et je confirme : il n’y a que deux crétines de scribouillardes de merde dans ce pays, et leurs petits copains avocaillons qui ont jugé sans lire, et je préfère retenir les messages comme celui-ci. Le lecteur vaudra toujours davantage que les parfaits critiques, à mes yeux. A bon entendeur, salut. Voici le bijou. Deux gentillesses en deux jours, whaou, quel quota !
« Bonjour, enseignant l'histoire de l'Art dans les pyrénées atlantiques, c'est avec la
reconnaissance de mes incapacités littéraires que je viens saluer les vôtres.
Je pose un énième regard d'émotion sur Mikel et Soledad -souffrant déjà de
la solitude que sa fin m'impose- et vous envoie mes chaleureux
remerciements. Quelle séduisante écriture. J'ai passé un moment de rare
intensité à vous lire (qui m'encourage à recommencer).Merci. »
Non, c'est à moi de vous dire MERCI...